Après le père Patrick Desbois il y a deux ans et Claude Lanzmann l'année dernière, le "prix Louis Blum" du CRIF a cette année été remis conjointement à Simone Lagrange, Présidente de l'Amicale d'Auschwitz-Birkenau et Jean-Olivier Viout, Procureur Général près la Cour d'Appel de Lyon.
C'est empreint d'émotion que le Président du CRIF Grenoble-Isère, Maître Jean-Luc Médina, a rappelé à l'assistance réunie nombreuse pour l'occasion et où Julien Polat, Vice-Président, représentait l'UMP combien chacune de ces deux personnalités aura marqué de son empreinte Grenoble, l'Isère et notre pays, dans une lutte pour la défense de la mémoire, contre la résurgence de l'antisémitisme, et pour le rapprochement entre les cultures.
L'Histoire est parfois cynique et cruelle. Car c'est le jour du débarquement en Normandie que Simone Lagrange sera déportée avec ses parents à Auschwitz, où son père sera exécuté, effroyablement, sous ses yeux de jeune fille. Et c'est le jour de la Libération de Paris que sa mère, avec ses compagnes d'infortune, sera gazée par les artisans de la barbarie nazie. Meurtrie dans sa chair à tout jamais - comment en serait-il autrement ? - Simone Lagrange trouvera néanmoins la force, toute sa vie, de se battre pour que reste dans la mémoire des vivants le souvenir des morts. Pour qu'ils puissent ainsi continuer à vivre et témoigner à travers elle. Ce message de mémoire, qu'elle véhicule totalement dépourvue de haine, aura ainsi été transmis par son intermédiaire à des milliers d'enfants qui pourront aujourd'hui continuer à dire : "Je me souviens". Pour que jamais une telle barbarie ne puisse revoir le jour.
Le procureur-général Jean-Olivier Viout, quant à lui, aura porté ce même message, sous une forme différente, pour que la justice Française puisse participer à cet effort de mémoire et de reconnaissance. Au cours du procès de Klaus Barbie, il aura contribué à faire en sorte que, pour la première fois de son Histoire, la France reconnaisse le crime contre l'Humanité que fut la Shoah. Des années plus tard, et alors que l'antisémitisme refaisait subrepticement surface au début des années 2000, il aura fait en sorte que la vigilance de tous, dont celle de l'Etat, soit appelée pour ne pas le tolérer.
A l'occasion de cette remise de prix, Simone Lagrange aura également rappelé combien les deux municipalités que j'ai dirigées de 1983 à 1989 et de 1989 à 1995 ont eu à coeur de rendre hommage aux victimes pour qu'elles ne tombent pas dans l'oubli. Je suis ainsi sensible à son évocation des stèles de souvenir que nous avons honorées place Paul Mistral, puis à l'école Bizanet. Et j'adresse encore toutes mes félicitations aux deux récipiendaires, ainsi qu'à Maître Medina pour ce choix judicieux.
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