On espérait du XV de France qu’il devienne champion du Monde. Après la première défaite contre l’Argentine, qui nous précipitait contre les redoutables All-Blacks en quarts de finale, on espérait un miracle sans trop y croire… Ce miracle, les bleus y auront donné corps avec panache, battant les favoris de la compétition avec classe et puissance, et nous permettant alors de croire à nouveau en leur potentialité de décrocher la couronne mondiale. Nombreux furent alors les amateurs de l’instant qui, comme moi, imaginions une victoire logique et plutôt aisée en demi-finale contre les Anglais, déjà largement battus quelques semaines auparavant lors d’un match de préparation. La désillusion sera grande et douloureuse, renforcée encore par une seconde défaite cuisante contre les « Pumas » argentins dans le cadre de la petite finale vendredi soir.
La loi du sport est parfois cruelle, mais elle est d’autant plus belle. En l’espace de quelques semaines, les charges et la puissance de Chabal ou Szarzewski, les coups de pieds de Beauxis, Michalak ou Elissalde, et la beauté des actions collectives, tout simplement, nous auront fait rêver. C’est ce que nous retiendrons de cette aventure collective aussi belle. Ainsi qu’une leçon de courage et de dignité, pour des bleus qui auront, à tous moments, accepté le combat sans ciller, vécu la victoire sans triomphalisme, et assumé la défaite sans chercher d’excuse.
Incontestablement, le rugby est un beau sport. Grenoble, qui y est liée depuis longtemps par tradition, le sait bien et partage ses valeurs. C’est la raison pour laquelle je ne tiendrai pas rigueur aux amoureux de l’ovalie qui auront déserté quelques-unes de nos réunions des ces dernières semaines pour se réunir dans les stades ou devant leur poste de télévision… Et merci les bleus, malgré la défaite, pour avoir si brillamment porté les couleurs de notre pays.
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