Grenoble boycottée par un certain nombre d'artistes (Hallyday, Sardou peut-être Noah, Farmer, Calogero...), c'est ce qu'annonce le producteur JC Camus qui a rencontré le Maire de la ville depuis plusieurs mois pour l'alerter. Visiblement sans que cela ne soit efficace puisque la première adjointe indique « JC Camus n'est même pas venu nous voir »... Toujours cette mairie bloquée, dans l'incapacité de réagir, de s'expliquer, de se confronter aux réalités.
Sans entrer dans le fond du sujet, ce qui m'intéresse, c'est ce que dénonce le producteur : « le mélange des genres ». Une histoire de billetterie. « ça n'existe qu'à Grenoble » ajoute t-il. A longueur de blog, je note les problèmes posés par l'économie mixte : le contrôle public est inexistant, souvent les profits sont privés tandis que l'investissement est public. Au carrefour de ces deux affluents les dirigeants cumulent les deux avantages : sécurité absolue et revenus élevés.
GEG, SEM Minatec, maintenant Palais des Sports... Je préconise dans mon livre (1) la création d'une agence de surveillance des participations publiques, la séparation des fonctions d'adjoint et de président d'une structure de ce type afin que celui qui contrôle ne soit pas celui qui dirige. Par exemple, dans le cas de Grenoble, Madame Deschamps ne pourrait pas être Première Adjointe du Maire et Présidente du Palais des Sports, Madame Fioraso, adjointe à l'économie et au commerce et présidente de la SEM Minatec qu'elle est chargée de surveiller. Secondement, je préconise une analyse sans fard afin de réellement trier et séparer ce qui est du domaine public et ce qui est du domaine privé. Cette confusion des genres est en effet préjudiciable aux contribuables qui paient la note et au citoyen tenu à l'écart.
Côté spectacle, je me souviens des années 80 quand Noureev était venu à Grenoble : les spectateurs ne pouvaient voir les danseurs qu'à partir de la taille... Ce soir là, la municipalité PS aurait du être dans la salle pour entendre. Pour mettre fin à cette situation, dans mon programme municipal figurait la création du "SUMMUM", qui fut une innovation. 20 ans après, nous sommes revenus aux années 80 : Grenoble aurait du lancer son ZENITH. Mais la municipalité s'est contentée de vivre sur notre acquis : nous avions obtenu d'Edouard Balladur les crédits de rénovation de la Maison de la Culture avec la participation à 50% de l'Etat. Le chantier a été conduit difficilement, avec retards mais finalement achevé.
Mais plus rien pour le théâtre municipal, rien pour créer un Zénith. Ce sont des dossiers qui réclament de l'énergie, de l'imagination, de la conviction pour trouver idées et crédits. Ils devraient être achevés ou en phase de l'être alors que rien n'a été entrepris. Où que je tourne mon regard, je suis frappé par l'absence d'anticipation de la municipalité : circulation, déplacements, infrastructures, TGV, équipements… notre ville a perdu ses ambitions et son caractère exemplaire. Elle doit désormais s'expliquer sur les conditions d'organisation de sa billetterie...
(1) 2001 Demain nous appartient. Ed Numéris
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