Grâce au Président Denis Quattrocchi, j'ai pu échanger avec le bureau de la CGPME Départementale au siège de l'organisation. Un véritable dialogue à l'occasion duquel les problèmes ont été mis franchement sur la table.
On sait bien que notre pays n'a pas accompli les efforts qui conviennent pour favoriser son réseau de PMI/PME : trop petites, victimes des effets de seuils, de charges excessives et de complexité administrative. Alors que la RFA fait la course en tête en étant le premier exportateur mondial avec ses entreprises moyennes, seulement 4 % des nôtres sont exportatrices.
Il faut dire que les chiffres sont parlants : entre 1993 et 2006, si la France avait eu la croissance de la Suède, de l'Angleterre ou des Pays-Bas (soit 2,9 % en moyenne contre 2,1 % en France), nous aurions aujourd'hui un PIB supérieur de 240 Milliards a ce qu'il a été en 2006.
Comme le PIB est partagé à 60 % pour les revenus du travail et 40 % pour le capital, les salariés Français auraient à se partager 144 Milliards d'Euros soit 6500 Euros de plus par an, soit une hausse du salaire moyen de + 30 % ! Si notre croissance est moindre, on le doit à notre durée hebdomadaire du travail qui est la plus basse des grands pays, soit 36h42 en moyenne. Si l'Espagne nous a quasiment rattrapé, puisqu'elle avait un PIB par habitant inférieur de 50 % à celui de la France en 95 et qu'il n'est plus que de moins 10 %, c'est aussi parce que le nombre d'heures travaillées par habitant en Espagne est passé pendant la même période de 643 à 736 pendant qu'il chutait de 744 à 617 chez nous.
Pas de secret, pas de mystère : la baisse du pouvoir d'achat, les difficultés des PME, les charges, ont un rapport direct avec le travail. Il n'y a rien de plus urgent que de le réhabiliter. Nous évoquons l'absence d'accompagnement des PME à l'étranger, la transmission des entreprises, les impôts sur les plus-values, la question de l'éducation et de la formation.
Le commerce Grenoblois sinistré
Au titre de représentants du commerce, M. Marc Mayet et Madame Marie Amone décrivent la situation grenobloise. Suppression du stationnement, restrictions drastiques des accès, choix d'implantation d'un stade qui accroîtra les difficultés, développement exponentiel des grandes surfaces commerciales en périphérie (Ikéa), absence totale de concertation... Les doléances sont nombreuses.
Je rappelle que, comme Maire de Grenoble, j'avais associé le Président de la Chambre de Commerce - quel que soit l'élu - à la gestion avec la responsabilité d'Adjoint au Maire afin de lui donner la haute main sur les questions commerciales en coordination avec la ville. Je ne m'étais pas contenté de relations de surface. Pendant les 12 ans de mes mandats, il n'a jamais été autorisé une extension de surface commerciale sans l'accord de la CCI. Aujourd'hui, on sait tellement à l'avance que la ville y est favorable, que les travaux démarrent dès le lendemain d'une décision de Commission Départementale d’équipement commercial (CDEC) autorisant une grande surface !
L'implantation d’Ikéa drainant 6000 véhicules/jour en moyenne va paralyser un peu plus l'entrée de ville. S'ajoutant au stade, au nouveau carrefour qui remplace l'échangeur des sablons, à la suppression du parking de la place Paul Mistral, au déplacement de l'arrêt de tram du Manège... on ne peut pas dire que la politique de la ville soit attentive au commerce !
Lorsque j'étais Maire de Grenoble, la CCI aurait légitimement demandé des comptes au Maire et à son Adjoint. Aujourd'hui Madame Fioraso, responsable de ces secteurs, devrait avoir à s'en expliquer devant les élus du monde économique.
Si ce devoir n'est pas rempli par ceux qui ont la charge de l'assumer, elle aura de toutes façons à en répondre devant les grenoblois.
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