D'accord ou pas sur tout avec lui, n'empêche que Bernard Henri Lévy marque notre temps. Par ses analyses, ses prises de position, ses engagements. Et sur le fond, l'homme aura vu juste et fort : hier avec « la barbarie à visage humain » pour, le premier, dénoncer depuis la gauche le communisme et aujourd'hui pour avoir pointé (« Qui a tué Daniel Pearl ? ») le Pakistan comme premier foyer du terrorisme.
Entre temps il y eu la Bosnie, les guerres oubliées... J'ai la chance d'entretenir un échange avec lui depuis près d'une vingtaine d'années maintenant. Une chance car le philosophe a des profondeurs, le chroniqueur des fulgurances, l'homme beaucoup d'humanité et une insatiable curiosité. Un éclectisme aussi que je lui envie, une capacité à saisir tant de faits de la vie, pour les rapporter à une orientation de la société ou encore les laisser en suspens comme un préalable à quelque chose qui adviendra, qu'on pressent, qui mûrit, sur lequel on reviendra plus tard. Des mois plus tard justement, le fil de la pensée reprendra où on l'avait laissé comme si le reste n'avait pas existé.
D'ailleurs la lecture de Roger Stéphane ( « Tout est bien »), avec lequel j'ai échangé jusqu'à son suicide, dit la même chose au sujet de Malraux : une continuité de la conversation au delà du temps, comme si celui-ci était un subordonné de la pensée. Une immense supériorité. J'y ai souvent pensé. J'ai aimé que l'un des plus farouches détracteurs de BHL, en désaccord sur tout avec lui, son opposé, l'écrivain Patrick Besson, au détour d'un retour sur un livre (« le Lys et la Cendre »), écrive à peu prés à la fin de son article (Figaro Littéraire): « Ah j'oubliais, il faudra le dire quand il sera mort, autant l'écrire tout de suite, c'est un génie ». Il faut le panache et la liberté de Patrick Besson pour le dire.
A propos du bruit et de la fureur autour de BHL, de ce monde qui l'entoure, il y a une autre phrase qui m'est souvent revenue. Elle figure dans « A défaut de génie » de François Nourissier, un autre écrivain que j'apprécie tant. Je la cite de mémoire : « Le talent a besoin de solitude et en fait tout un plat, le génie de monde autour de lui ».
Quel plaisir !
J'admire le fait que "BHL" est pris position de la sorte. Cela montre que tout le monde n'est pas enfermé dans le passé. De plus, cet article nous permet de dire une chose : "tous ont profité, un seul a payé".
Alors que tous ceux qui sont encore en poste aujourd'hui en Isère se mettent bien dans le crane qu'ils ont TOUS trempé dans des affaires... alors qu'ils n'oublient pas, que Monsieur Carignon a payé pour eux !
Rédigé par: Julien | 12 octobre 2006 à 22:18
On peut dire qu'Alain Carignon a été le bouc émissaire national dans le cadre du financement des partis politiques.
D'autres hommes politiques ont commis les mêmes actes et pourtant ils n'ont pas tous été en prison.
Désormais comme le dit BHL, Alain Carignon a purgé sa peine et payé sa dette à la société. Il est donc redevenu un citoyen et un homme politique comme les autres.
Rédigé par: Grenoble alternance | 13 octobre 2006 à 07:17
Bernard Henri Levy (BHL), un poids sur le plan moral et sur le plan phylosophique.
Il y en assez de désigner un coupable alors qu'il y a une multitude de responsables.
L'exemple de Mme Hubert avec l'euthanasie ou l'exemple du juge Burgaud pour l'affaire d'Outreau est illustratif de ce problème franco-français.
Lorsqu'une personne a payé se dette à la société, elle redevient une personne comme les autres.
Rédigé par: Karim | 17 octobre 2006 à 14:33
"Etre le seul à payer" ne justifie rien de plus qu'on a du payer quelque chose. Pardon mais je ne crois pas que la solution pour sortir de ce "système" soit de punir puis d'absoudre tous les hommes politiques ayant trempé dans des scandales de ce genre. N'est-il pas temps de mettre des gens irréprochables (au moins du point de vue des apparences) à la tête de ce pays afin de redonner la confiance nécessaire à la croissance de ce pays.
Je comprends tout à fait que la justice puisse avoir été inique mais il ne serait pas honnête de vouloir reconquérir les électeurs sur le thème de la victimisation en leur demandant de croire à une repentance qui paraîtra toujours suspecte. Il y a déjà un nouveau président-martyr dont le monde ne tardera pas à constater les vrais vices. Je pense que "l'électorat de droite" mérite autre chose que la méthode LePen pour se transcender.
Rédigé par: philippe | 09 mai 2007 à 22:34