Une salariée qui explique n'avoir reçu que 350 Euros sur son salaire de 1100 Euros. Un directeur licencié par une « municipalité qui s'est conduite comme un boucher » selon la parole d'un bénévole présent depuis 10 ans. « Une absence totale de visibilité et une impossibilité complète de prévoir quoi que ce soit pour l'été qui arrive » selon le dévoué Président bénévole, Chérif Boutafa, auquel tout le monde rendit hommage pour son travail. Ajoutant « Et la ville me direz vous, que pense-t-elle, que veut-elle, quelles sont ses intentions ? C'est peut être incroyable mais je ne peux pas répondre à cette interrogation... ». Cela se passait vendredi dernier à l'assemblée générale extraordinaire de la MJC Capuche à laquelle je m'étais rendu ayant appris ses difficultés.
Des équipements en péril, dans le secteur culturel, éducatif, social, est le lot de toute municipalité. On oeuvre là dans des domaines ou l'action elle même demande tant de dévouement, de bénévolat, qu'il peut se trouver des passes délicates. Comme Maire de Grenoble, comme Conseiller Général de ce quartier pendant 20 ans, j'ai eu à en connaître aussi. Mais qu'on ait laissé la situation se dégrader, qu'à aucun moment une aide spécifique ne soit venue de la part des décideurs locaux, qu'on laisse mourir dans l'indifférence une MJC dont l'existence a traversé 3 maires est un acte significatif de l'époque. La distance du discours généreux à la sordide réalité. La différence entre la pose et la position. Tout ce qui éloigne de la politique, produit son rejet. Certes le sympathique Adjoint au Maire – seul présent pour l'agonie d'un équipement d'éducation populaire qui date de 1964 – a bien tenté d'expliquer que les actions continueraient une fois que le Juge ce serait prononcé. Mais rien sur le chemin qui nous a amené là. Rien sur la non-assistance de la collectivité publique à équipement en danger. Rien sur la continuité indispensable pour une véritable éducation populaire qui ne doit pas se confondre avec des services socio culturels à la demande, sans prise en compte globale ni objectif de citoyenneté.
En sortant de la MJC Capuche vers 22 heures, le hasard m'a fait rencontrer 5 jeunes assis sur le muret du square Ferrié devant la maison. Nous avons échangé tous les 6 quelques minutes. Derrière eux, l'équipement dont ils auraient besoin était en train de fermer ses portes. Ils étaient démunis, livrés à eux mêmes. Parce qu’au total 160 000 Euros (soit environ 40 000 €/an puisque les problèmes remontent à 4 ans) manquent. Quand on sait la dérive des frais de communication, de bouche, d'inaugurations de la ville, j'étais pensif en remontant à pieds cette rue Général Ferrié. Attendant vite que le citoyen mette plus que son regard dans les choix de la collectivité et qu'on lui en donne les moyens. Pour éviter de telles dérives.
Bonjour,
C'est vrai que l'on peut se poser quelques questions lorsqu'on voit l'argent fou dépensé dans des inaugurations râtées et qui même si elles avaient été réussies ne nécéssitaient pas autant de moyens, et d'un autre côté des centres culturels populaires indispensables à la cohesion sociale tomber en ruine.
Au final, on pourrait croire que la gauche fait beaucoup moins pour le social que ce que propose l'UMP. Quel paradoxe !
Vincent
Rédigé par: Vincent | 16 juin 2006 à 11:52
Monsieur le Président,
Je vois avec une profonde tristesse que la municipalité grenobloise de Monsieur Destot a un manque d'intérêt flagrant pour tout ce qui se rattache au domaine culturel. La MJC capuche ne l'intéresse pas, pas plus que le Théâtre Municipal...
Il nous faut dénoncer ce fonctionnement anti-culturel de la gauche et remettre la Culture au centre de la vie des Grenoblois, comme vous l'aviez fait du temps où vous étiez Maire.
La Grandeur d'un pays, d'une région, d'une ville passe en partie par sa capacité à donner de la Culture à ses habitants...et je note avec dépit que Grenoble, sur ce point, est une ville qui se perd.
Rédigé par: Julien | 24 juin 2006 à 17:48