Nouveau « Café Hugo » tout blanc. Presse attentive et questionneuse ce lundi matin au petit déjeuner. Je présente le wiki. Mon idée d’une e-démocratie permettant plus et mieux de solliciter l’avis de chacun. Une décision prise par le plus grand nombre, élaborée par tous, n’a t-elle pas plus de chance d’être acceptée par celles et ceux qui devront la vivre ? Je l’ai déjà vécu en organisant le premier référendum sur le tramway. Et puis Grenoble doit retrouver la gagne. On ne peut en rester là, à ce climat d’abandon et de pleureuses. Notre ville mérite mieux. Je reproduis ci-dessous mon propos liminaire aux journalistes avant de répondre à leurs questions :
« Les Maires de grandes villes de France que je rencontre me demandent toujours : « Pourquoi, en 1983, avez-vous décidé d'organiser un référendum sur le tramway ? Pourquoi avez-vous pris ce risque considérable alors même que vous veniez juste d'être élu ? ». Ma réponse n'a jamais changé. Elle est simple. Ma décision de 1983 a toujours été éloignée de toute considération de coup médiatique. Je leur réponds invariablement : « Quelque soit le nombre de votants, il sera toujours supérieur et préférable au simple avis de 59 élus ».
Ce qui a été vrai en juin 1983 l'est toujours aujourd'hui pour des décisions d'ampleur. Cette démarche de partage de la décision traduit une conviction profonde : la Ville appartient à tous ses habitants et n'appartient qu'à eux. La consultation des habitants est donc le meilleur chemin de la démocratie et la seule voix de la démocratie. L'avenir ne peut être construit qu'à partir de mobilisations positives. La culture de l'affrontement est une impasse.
Il n'est pas possible de mobiliser ce qu'il y a de meilleur dans les citoyens en encourageant en permanence leurs peurs, en aiguisant leurs tentations de rejets, en les appelant à se replier sur eux-mêmes. A de nombreuses occasions de son Histoire, Grenoble a incarné sa capacité à vivre et à préparer de profonds bouleversements. Quand ce choix a été celui de la volonté de tous, le succès a été au rendez-vous. Le tramway a été décidé par tous d'une façon exemplaire.
Le CNAC, le synchrotron, la voie sur berge, le nouveau centre Europole... Tous ces projets ont participé d'une ambition commune. Nous avons voulu ces avancées. Nous avons su les faire partager. Ces valeurs partagées sont désormais l'architecture de notre vie en commun. Les Grenoblois ne peuvent pas se résigner à entrer dans une spirale de la sinistrose et à devenir « la Capitale des pleureuses » trouvant toujours prétexte à justifier un échec, une renonciation, un report. Il faut rendre le moral aux Grenoblois. Pour cela, nous devons leur fixer des objectifs collectifs à la hauteur de leurs capacités et les écouter.
La candidature de la Ville de Grenoble à l'organisation des Jeux Olympiques me parait un électrochoc indispensable pour replacer chacun dans un esprit offensif qui donne un sens au progrès et à l'avenir. Cette candidature ne concerne pas les moyens à déployer pour choisir des pistes de skis, la localisation de tremplins ou des lieux de patinage artistique. Pour moi, cette candidature, c'est un projet collectif d'avenir dont les Jeux d'hiver sont une vitrine mais dont l'universalité du message olympique s'appliquera à tous les domaines de la vie collective. Je m'engage à agir dans cet objectif et à apporter ma contribution à tout projet qui oeuvrera efficacement dans ce sens. Parce que l'enjeu est celui de tous, il doit être construit avec l'avis de tous.
J'ai donc décidé la mise en place d'un wiki, procédure moderne d'une « e-démocratie sans frontière ». Dès ce jour, un texte de base est ouvert à la réflexion de chacun. C'est un projet de discussion pour que chacun exprime sa vision du Grenoble d'aujourd'hui et de demain. A l'issue de cette consultation, je publierai le projet qui recueille l'accord des Grenoblois. Quand je parle de « Grenoblois », c'est par facilité, pour appeler à réfléchir l'ensemble des habitants d'une large agglomération grenobloise. Il n'y a pas encore de « nom de baptême » pour parler en même temps des habitants de Grenoble, de ceux de Meylan, de ceux de Corenc, de Sassenage, de Seyssins, de St Martin d'Hères, d'Echirolles, de Pont de Claix… Au-delà de leur appartenance municipale directe, ils se savent et ils se revendiquent Grenoblois parce que Grenoble est le point commun de leur communauté de vie.
Ce « grand Grenoble » doit retrouver le sens du dialogue comme celui des perspectives positives ambitieuses. Ces perspectives sont le seul chemin pour l'amélioration du cadre de vie quotidien de chacun. Je les appelle à reconstruire des projets de vainqueurs et à mettre l'échec au vestiaire. Je les remercie par avance pour leur nouvelle contribution à cette action commune innovante comme c'était le cas hier de la procédure de référendum tramway. Leur ville a besoin de leurs idées, de leur souffle pour trouver un indispensable nouvel élan ».
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